Photo:Kevin Berthiaume  

 

L’autodrome  Granby et moi,
une histoire qui débute.

 

Luc Marin
 Chroniqueur

 

Lundi 16 mai 2011

 
Lorsque ma maturité a atteint un point assez stable dans ma vie, j’ai décidé avec ma blonde de fonder une famille. Le dire a été d’une facilité déconcertante,  nous étions prêts , le faire, un plaisir dont je me garde les détails, mais lorsque la théorie a fait place à la pratique, la réalité d’une famille agrandie nous a frappé de plein fouet !

Le désherbage de notre vie d’avant enclenché par l’arrivé de toute cette nouvelle vie
 a eu quelques repousses, mais rien de comparable avec le passé de la vie à deux que nous avions. L’existence du masochiste parental étant réel, nous avons récidivé trois fois en ayant comme changement très drastique que le « je » qui nous définissait comme personne  est devenue  le « ils » prédominant notre vie pour encore bien des années à venir.

Mais ce vendredi j’ai redécouvert une partie de mon « je » avec mon premier programme de courses qui a eu lieu à l’autodrome de Granby! J’avoue que ces dernières années, j’ai connu Granby pour son zoo, c’est une des sortie qui est obligatoire en tant que parent. Les enfants peuvent effectuer cette sortie à l’infinie en étant émerveillés à chaque fois, mais un parent, lui, atteint son quota bien avant. Le mien, je l’ai atteint à ma dernière visite au zoo  lorsque j’ai eu la certitude que l’un des perroquets Ara venait de me saluer par mon prénom!  J’ai réalisé que j’y avais peut-être été trop souvent!

Ce que j’ai découvert ce vendredi sur ce site de courses sur terre battue m’a époustouflé. L’autodrome de Granby fête son cinquantième anniversaire cette année et fait, oui et non, ses cinquante ans. Oui par le professionnalisme et l’organisation de l’endroit; tout est très bien indiqué et le personnel de l’endroit sait très bien ce qu’il fait et avec expérience. Et non il ne les fait pas, ses cinquante ans, parce que le site est très bien entretenu et chaque partie du site est fonctionnelle et très bien placée.

Pour ce qui est du divertissement en soit, cela a été une soirée où comme je l’ai dit, j’ai retrouvé mon « je ». J’avais oublié la sensation des soirées agressives et positives, je m’explique.  Tout être humain a besoin de stimulation,  quelle soit douce, rude ou carrément agressive, j’étais de la dernière catégorie avant ma carrière de papa.

La musique qui crache, les shows musicaux qui arrachent et les danses qui maganent, ont expulsé beaucoup de stress et ont fait partie de ma jeunesse, mais le temps faisant son travail,
 les lendemains étaient de plus en plus douloureux physiquement, mais ce vendredi j’ai retrouvé beaucoup de ces sensations, mais sans les inconvénients physiques !

Cette soirée, je l’ai commencée par une visite du site et j’ai pu voir l’organisation d’une course dans toute sa splendeur.  J’ai pu admirer le fourmillement d’activité, de l’entrée des équipes aux préparatifs de sécurité autant  pour la voiture que pour les conducteurs, j’ai pu voir à l’œuvre l’un de mes confrères de 360nitro nul autre que Yvan Lacroix, surnommé M. moustache,  qui est aussi inspecteur technique à l’autodrome Granby, et rien n’est mis de côté pour la sécurité de tous . J’ai aussi fait la rencontre du très sympathique Bertrand Godin (oui il est aussi sympathique qu’à la télé) qui était co-animateur de la soirée.

J’ai eu la chance de pouvoir suivre Steve « le fouineur » Brillant, le grand Larousse de la course de 360nitro à mon avis! Nous étions au centre de l’activité et quand je dis au centre c’est vraiment au sens propre.  Nous étions dans le fameux pit (ou puits) là où le cœur des coureurs s’emballe avec synchronisme au déchaînement de leurs  moteurs. 

Du haut de la tour d’observation,  j’ai commencé par regarder toute la série de qualification au programme qui m’a mis l’eau à la bouche et assez de décibels dans les oreilles pour me faire perdre l’équilibre…heuuuu…….. Perdre l’équilibre était peut-être du au fait d’avoir tourné une couple de fois sur moi-même pour ne pas perdre les coureurs de vue.  En tous cas, une de ces deux raisons m’ont fait de l’effet.

Le programme principal, le clou du spectacle, les finales, donnez- lui le nom que vous voulez, mais il est enfin arrivé le pourquoi du comment qui explique la présence de tous et chacun, coureurs, spectateurs, buveurs, danseurs (le dernier n’a aucun rapport, mais je trouvais que quatre rimes feraient plus poétique).

 
Nous avons eu droit à un spectacle de très bonne qualité qui a débuté par les quatre et six cylindres et a été marqué par les tonneaux du #30  Michael Hébert qui ma démontré, hors de tout doute, que la sécurité est un enjeu primordial sur la piste avec tout le branle-bas mis en œuvre après l’accident. La fin de la course s’est soldée par la victoire du #51 Bruno Lafontaine.

Est venue ensuite la finale dans la catégorie des  Pro-stock. Ces voitures au look Nascar, mais avec des dérapages contrôlés à couper le souffle dans une finale de 20 tours qui m’ont parus trop courts et qui c’est terminé avec la victoire du #115 Stéphane Lemire.

Après cette course, je pensais en avoir vu beaucoup, mais c’était avant d’avoir vu la finale 50 tours des modifiés! Beaucoup de personnes m’avaient parlé de cette série en me disant : tu n’as rien vu des courses avant d’avoir la chance de voir la série des modifiés ! Moi, avec mon scepticisme, j’ai douté, mais lorsque la course a débuté, j’ai tout compris! Un bruit de moteur à faire vibrer tout l’intérieur, la vitesse remplie de finesse, et de la compétition à faire perdre la raison!!

Cette course je l’ai suivie d’un point de vue assez spécial, à l‘intérieur du puits dans la première courbe du départ près de la clôture, et à cet endroit j’ai eu des sensations que je pensais atrophiées. Les voir en pleine accélération dans cette courbe était de toute beauté.
  J’ai pu voir de très très près,  la victoire du #73 Alain Boisvert. Et j’ai beaucoup appris de mon confrère Steve Brillant sur leurs nouveaux moteurs CT525, je crois qu’il aime bien ce sujet!

Pour clore cette soirée, nous avons eu droit à la finale de la série Sportman, une très bonne course remplie de bonne volonté pour certains et d’expérience très présente pour d’autres.  Nous avons eu droit à un spectaculaire carambolage durant la course sans blessé heureusement, mais avec quelques abandons. La victoire est allée au #07 Guy Ouellette qui a été très généreux de sa personne avec 360nitro en entrevue après la course.  Je crois que c’est une personne qui apprécie la communication.

Pour résumer ma soirée en un seul mot: WOW ! Oui en étant débutant je suis encore impressionnable et mon sens critique surdéveloppé est en veille, mais j’ai adoré ma soirée et je compte récidiver très souvent cette année si la météo le permet, car ce vendredi, nous avons eu une soirée sans incident pluvial à part quelques crachats qui se sont bien vite évaporés dans le feu de l’action.  Alors ne vous fiez pas à 100% à la météo vous pourriez vous priver d’une très belle occasion de vous divertir.



Luc Marin
Chroniqueur
360nitro.com

lmarin@360nitro.com